Lancée lors de son congrès inaugural à Nairobi en février 2026 et convoquée par FSC Afrique, Zamba Heritage vise à repositionner les forêts comme moteurs de croissance économique inclusive, tout autant que comme leviers de protection de l’environnement. L’engagement de ses premiers soutiens constitue un signal précoce de la capacité de l’initiative à passer de l’ambition à la mise en œuvre.

La force de cette coalition réside dans sa composition. Des gouvernements — notamment ceux de la Zambie, du Gabon et du Kenya — se joignent à l’Agence de développement de l’Union africaine–Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (AUDA-NEPAD), à travers l’Initiative africaine pour la restauration des paysages forestiers (AFR100).

Ensemble, ils ancrent l’initiative dans les cadres politiques nationaux et continentaux, tout en affirmant leur volonté d’intégrer la gestion durable des forêts dans les stratégies relatives au climat, à la biodiversité et au développement.

Aux côtés des acteurs publics, les soutiens du secteur privé apportent un accent particulier sur la viabilité commerciale et l’exécution opérationnelle. Purple Pod Ltd, une entreprise de développement de plantations de bambou axée sur la restauration des terres, CMO, une organisation mondiale spécialisée dans la transparence et la légalité des chaînes d’approvisionnement, la Uganda Timber Growers Association (UTGA), qui représente les petits et moyens producteurs forestiers commerciaux, ainsi qu’Astrofica Technologies, une entreprise africaine spécialisée dans les données géospatiales, illustrent l’éventail des capacités nécessaires pour développer des économies forestières durables à grande échelle. 

De la production aux chaînes d’approvisionnement, en passant par le suivi et la vérification, leur participation reflète une reconnaissance partagée : pour durer, la durabilité doit aussi être économiquement viable.

Les organisations de la société civile et les organisations communautaires constituent un troisième pilier essentiel. AJESH (Ajemalebu Self Help), une organisation de terrain basée au Cameroun, et The Nature Conservancy (TNC), une organisation mondiale de conservation, apportent des atouts complémentaires — allant de la mobilisation communautaire et de la mise en œuvre locale à l’expertise scientifique et au financement de la conservation. 

Leur implication renforce le principe selon lequel les communautés dépendantes des forêts doivent être au cœur de la conception comme de la mise en œuvre d’une foresterie durable.

Pris ensemble, ces quinze soutiens représentent plus qu’une alliance symbolique. Ils forment une coalition opérationnelle, réunie autour d’un constat commun : les forêts ne pourront être conservées à grande échelle que si les priorités économiques, sociales et environnementales sont prises en compte simultanément.

Pour Zamba Heritage, l’enjeu se déplace désormais du soutien à l’exécution. Ses objectifs à l’horizon 2030 — notamment 30 millions d’hectares sous gestion durable et des bénéfices pour 2 millions de ménages — dépendront de la capacité de cette coalition à transformer les engagements en actions coordonnées.

L’ampleur des soutiens laisse penser que les bases sont désormais en place. Le véritable test sera celui de la mise en œuvre.